
La Douleur de l’Ange
7 octobre 2007

Petit mot: C’est une petite histoire que j’ai écrite dans le cadre de mon cours de français. Ça été très difficile pour moi de me mettre à la place de ces gens, qui au contraire de moi, n’ont pas vécu l’enfance qu’ils étaient en droit d’attendre.Rating: Déconseillé -12 ans
http://airamana.deviantart.com/
Dans la pénombre de la pièce on pouvait distinguer, suspendu au plafond, une corde rigide et en dessous, un tabouret en bois. Un peu plus loin était assise une femme. Celle-ci avait un regard ténébreux, une chevelure noire et avait un corps si magnifique qu’on aurait pu croire qu’elle était un ange. De ses mains frêles et tremblantes, elle prit une feuille de papier et un crayon, puis elle commença à rédiger sa lettre.
Je me nomme Sandie Mattieu et j’écris, puisque ceci est pour moi une délivrance.
Lorsque je n’étais qu’une fillette de quatorze ans, j’habitais dans une petite maison de Cartierville à Montréal.Étant jeune, j’étais toujours enjouée, mais tout changea l’espace d’une nuit. Il faisait froid et je devais me cacher sous les couvertures pour ne pas frissonner. J’entendis des grincements dans l’escalier et ma porte s’ouvrit. Je ne savais pas de qui il s’agissait, j’étais trop frigorifiée pour regarder. J’avais alors senti quelque chose se glisser dans mon lit, longer ma cuisse et s’arrêter un peu plus haut. J’étais horrifiée, mais mon père me dit de me taire et ce fut ce que je fis.
Je n’arrivais pas comprendre ce qui s’était produit. C’était mon père! À ce moment là, je ne ressentais que du dégoût pour lui, mais j’étais également apeurée. Il fallait que je le dise, c’était la seule solution. J’avouai donc tout lors du petit déjeunée. Ce fut le grand silence avant que ma mère ne me traite de menteuse. J’essayais de trouver, dans le regard de mes frères et de l’orpheline qui habitait chez nous en échange d’un peu d’argent, un brin de soutien, mais il n’y eut rien. Je montai donc dans ma chambre et je commençai à pleurer. Mon grand frère était alors venu me réconforter. Il m’avait dit que je devais avoir rêvé puisque maman se réveillait à chaque bruit dans la maison. Elle aurait donc du entendre papa ce qui n’était pas le cas. Je fini par croire qu’il avait raison, mais durant 3 mois, il revint toutes les nuits…
J’en avais assez! Je sentis que si je restais il allait finir par aller plus loin. Je profitai donc de l’absence de mes parents pour quitter la maison.
J’étais vulnérable, sans argent, sans culture et sans toit. Je ne possédais rien, j’étais désespérée. De plus, je mangeais peu et je dormais dans les parcs. Malgré tout cela, il était hors de question que je retourne chez moi. J’avais fini par faire la connaissance d’un homme et grâce à lui j’avais trouvé un travail. C’était loin d’être un boulot dont on pouvait se vanter, mais au moins ça payait le loyer.
Cela faisait dix ans que j’étais partie. J’étais devenue populaire dans mon milieu et assez riche pour une fille de petite vertu. J’avais essayé d’avoir des nouvelles de ma mère auprès de mes frères, mais rien. J’aimais ma mère de tout mon cœur, je l’adorais. Je savais qu’elle aurait voulu me protéger. Par contre, j’avais besoin qu’elle comprenne ce que j’avais vécu. Je pris alors la décision d’aller la voir.
Je frappai à la porte et c’était elle qui répondit. Ma mère me prit dans ses bras, me fit entrer et nous nous assîmes pour mieux discuter. Je lui avais alors tout expliqué : tout ce que papa m’avait fait et tout le malheur que cela avait engendré.
Elle me fixa un instant puis elle me dit de ne pas exagérer…après tout, il ne m’avait pas pénétré. À ces mots, je compris tout. J’étais lucide. Comment avait-elle pu ne pas entendre papa monter les escaliers alors qu’elle entendait une souris grignoter du fromage? Si la rumeur selon laquelle papa m’avait agressé s’était répandu, maman aurait perdu la garde de l’orpheline et donc l’argent qui venait avec elle.
C’était clair, ma mère le savait!
Sandie déposa son crayon, s’avança dans la noirceur de la pièce, puis on entendit seulement un ange tomber sans atteindre le sol.
