Au début, je comptais faire une critique dans le même genre que pour Breaking Dawn: dire ce qui est mauvais et bon.
Mais, j’ai changé d’avis. Je vais plutôt y aller d’un commentaire très personnel sur le roman. Avant tout, ce que je peux vous dire de «technique», c’est qu’au début il faut quelque peu s’habituer à l’histoire. Il faut bien comprendre ce qui se passe et entrer dans le roman lentement. Ça peut durer quelques chapitres.
AUCUN SPOILER, SAUF CE QUI EST EN GRIS PÂLE.
Alors tout d’abord, tous ce demandait si Stephenie Meyer pourrait écrire quelque chose d’aussi bon que l’a été la série Fascination. Et bien moi, je peux dire que ce n’est pas comparable. La série s’adresse aux adolescents et sincèrement, ça parrait. Dans Fascination, c’est une histoire d’amour d’adolescent. Il n’y a pas de véritable danger puisque Stephenie Meyer nous met dans un contexte où l’on sait que jamais Edward ne l’a touchera. Il s’agit d’une petite histoire simpliste, mais ô combien agréable. Dans Les âmes vagabondes, c’est beaucoup plus profond et difficile, on remarque vite que l’auteur s’adresse à des adultes.
Maintenant, mon avis. C’est incroyable, jamais je n’ai été si «prise» par un livre. Et je pense que «prise» est le bon terme. J’ai commencé le livre hier et je n’ai pas été capable de le quitter, en fait, je n’ai pas été capable de les quitter…Gaby, Melanie, Jared, Jamie et Ian… ils sont devenus, au fil de ma lecture, mes propres amis, ma propre famille, ils sont devenus ce pourquoi j’aurais déplacé des montagnes. Ils ont su capturer tout ce que je suis et le livre en a fait ce qu’il voulait. Je sais que j’ai l’air vraiment folle de parler comme ça d’une pille de feuille, mais je crois sincèrement qu’il y a quelque part un livre pouvant capturer notre coeur. Je pense que je l’ai trouvé. Ce n’est pas tant l’histoire qui est incroyable, mais c’est tout ce qu’il y a autour. Tout ce qui fait qu’en bout de ligne, toi-même tu ignores dans quel camp tu es.
Comme je l’ai déjà dit, je n’ai pas quitté le livre et je l’ai terminé à 7h du mat…ou plutôt 6h puisqu’on reculait l’heure. En fait, quitter le livre ça aurait été les quitter, et ça, je n’en étais pas capable. Je pense d’ailleurs que c’est l’une des raisons pour laquelle ce livre a eu tant d’impact. Je vous conseillerais peut-être de prendre votre temps pour le lire. Les chapitres sont courts, il est donc trop facile de se laisser submerger.
Quant à moi, je peux vous dire quelque chose. J’ai souvent été émue en lisant un livre. Certains passages troublant qui sont supposés vous arracher des larmes, mais moi, je n’ai jamais pleuré. Je ne dis pas cela comme une victoire personnelle, mais plutôt comme un fait troublant. Un fait troublant puisqu’à partir de la page 589, s’en était trop. Je me suis mise à pleurer. Pas parce que j’étais triste de ce qui arrivait aux personnages, mais parce que j’étais triste de ce qui m’arrivait à moi. Je vous arrête tout de suite: je ne suis pas folle et je ne suis pas fatiguée. En fait, je n’ai jamais été aussi lucide de ce que je dis. Je ne me suis pas non plus associé au personnage…c’est comme si elle était devenu mon parasite à moi: une part de moi. J’avais le sentiment de la connaître depuis des années, d’être son ami. Le sentiment qu’elle était en moi, incrustée dans chaque pore de ma peau. Je peux aussi vous dire que je n’ai pas pleuré à cause de l’épilogue. En fait, l’épilogue a été pour moi un moment de répit puisque j’ai pu en quelque sorte me déconnecter, revenir à la simple histoire. Pour moi, le roman aurait du se terminé au chapitre 58, mais le reste est une décision de l’auteur.
En me couchant, j’avais tout ces sentiments dans ma tête et je sanglotais à l’idée d’avoir terminé le livre, de les avoir perdu malgré tout mes efforts. En me réveillant, elle était là. Gaby était là, elle était dans ma tête et les autres, ils étaient éparpillés dans mon coeur. Je sais que ça va passer, que c’est le choque après avoir terminé le livre, mais ça me trouble et j’ai peur. J’ai peur d’avoir découvert ce livre, mon livre. De l’avoir découvert trop tôt et de ne plus jamais être capable de ressentir quelque chose de semblable avec un autre roman. J’ai peur que ce soit terminé, terminé pour toujours.
Passage de la page 589:
- Je ne peux rien emporter avec moi, Jared
- Pas même un souvenir? Que veux-tu?
J’ai essuyé mes larmes, mais d’autres ont aussitôt pris la place des précédentes. Non. Je n’avais pas même droit à un souvenir.
- Qu’est-ce que je peux te donner, Gaby? insistait-il.
J’ai pris une grande inspiration et me suis efforcée de ne pas trembler en parlant.
- Donne-moi un mensonge, Jared. Dis-moi que tu veux que je reste.
Stephenie Meyer est une écrivaine. Une écrivaine de romans pour adolescent et pour adulte. Et à choisir, je sacrifierais 100x Fascination au profit de cette seule et même histoire: Les âmes vagabondes.
20/20

