Cette année, notre enseignante de français nous a fortement recommendé (elle nous a obligé en faite…) de participer à un concours d’écriture organisé par le barreau de de Montréal: la justice a bonne mine. Nous devions donc créer un projet de lois et le présenter à la prochaine Assemblée nationnale.
Je souligne que ce concours m’a valu une magnifique plaque lors de la remise des prix de notre école!
PS: Je suis trop paresseuse pour corriger les erreurs donc voilà!
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Monsieur le premier ministre,
C’est suite à votre proposition de m’offrir un ministère dans votre cabinet que je vous envoie cette lettre. Je dois tout d’abord vous avouez que j’ai été très touchée par cette demande : il est rare de se faire chaudement recommander pour un poste aussi important que celui que vous me proposez. Vous pouvez donc aisément deviner que j’accepte avec un très grand plaisir cette offre. J’ai d’ailleurs pris, monsieur le premier ministre, la décision de m’occuper, au cours du prochain mandat, du Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Je passerai sous silence l’indignation qui grandit en moi dès que je songe à la réforme de l’éducation implantée dans les établissements scolaires depuis déjà quelques années. Au lieu de supprimer radicalement les changements déjà effectués, il serait sans doute plus ingénieux de polir les coins d’un projet déjà en route. En effet, l’éducation de la jeunesse est un sujet des plus importants dans la société actuelle. Saviez-vous, monsieur le premier ministre, que selon une étude publiée en 2005 et réalisée par le Gouvernement du Québec, seulement une faible part des temps libres des adolescents est accordé à la lecture via celle consacrée à la télévision ? Cela ne vous révolte pas ? Et bien moi si. Je me souviens encore de ses longues journées de pluie interminables qui me semblaient du coup moins ennuyantes avec un roman entre les mains. Je ne pense pas que la société ait changé au point de renier la lecture, mais je crois plutôt que l’art d’aimer lire doit être enseigné dès le plus jeune âge. Il en va de notre devoir d’offrir aux enfants l’accès à un univers autre que le nôtre. Voilà pourquoi j’ai décidé de proposer, à la prochaine Assemblée nationale, un projet de loi sur l’Incitation à la Lecture dans les établissements du primaire et du secondaire. Premièrement, une part du budget pour l’éducation sera immédiatement remise aux écoles pour réaménager les bibliothèques. Ce changement rendra le milieu de lecture beaucoup plus agréable et encouragera les jeunes à s’y aventurer plus souvent. Deuxièmement, des concours en lien avec la littérature seront organisés à la grandeur du Québec. Ces projets auront pour but de faire connaître différents ouvrages aux étudiants dans un contexte récréatif. Troisièmement, les livres à lire obligatoirement tout comme leurs examens seront bannis des institutions au profit de lectures libres, mais contrôlées. Cette clause amènera les adolescents à lire des livres qu’ils aiment sans pour autant pouvoir se tourner les pousses.
Tout d’abord, il serait intéressant de visiter certaines écoles pour voir l’état de leurs bibliothèques. Je parie d’ailleurs mon salaire de ministre que plus de la moitié n’auront pas plus d’une vingtaine de classique sur leurs étagères ! Comment voulez-vous que les étudiants apprennent à aimer lire si on ne leur offre pas un choix intéressant dans un environnement accueillant ? « [...] la quantité de livres, de revues et de documents multimédias dont dispose une bibliothèque scolaire ne semble pas reliée au nombre d’élèves fréquentant l’école. Les chercheurs ont également remarqué que des types d’ouvrages ne figurent pas sur les rayons [...] Les journaux sont absents de la presque totalité des bibliothèques visitées [...] Cependant, toutes possèdent un certain éventail de bandes dessinées. » (« Les Profils de Lecteurs chez les Jeunes du Secondaire », composition d’auteur, Gouvernement du Québec, 2005). Si le choix des livres correspondait plus au style des étudiants, cela ne pourrait qu’encourager ceux-ci à lire. Après tout, il ne suffit que d’un livre pour apprendre à aimer les prochains. Combien sommes-nous à être tombés amoureux de la lecture grâce à un seul bouquin ? Il suffit de regarder tous ces enfants qui sont tombés dans les bras accueillant de la lecture suite à un phénomène tel qu’Harry Potter.
Nous devons également sous rendre compte que les adolescents sont plus réticent à lire de grands classiques comme Macbeth. Il faudrait donc que les écoles, pour inciter les jeunes à s’adonner à la lecture, se concentre plus sur leurs goûts qui se situent davantage au niveau des romans policiers et d’aventures. De plus, je pense qu’il serait plus agréable pour les élèves de se rendre dans une bibliothèque à leur image : colorée, reposante et chaleureuse. J’imagine difficilement des étudiants se lancer, le sourire aux lèvres, dans un endroit gris et beige avec de vielles chaises inconfortables ! Voilà donc les raisons, monsieur le premier ministre, qui me porte à vouloir donner immédiatement un budget aux écoles du Québec. Ce montant d’argent servira à décorer les bibliothèques pour les rendre plus accueillantes et à acheter des livres supplémentaires en lien avec les goûts actuels des élèves ce qui, je l’espère, les incitera à s’y rendre plus souvent.
Ensuite, pour développer l’envie de lire chez les étudiants, il serait intéressant d’organiser de grands concours. Ceux-ci permettraient aux jeunes de faire plus ample connaissance avec différents romans de tous styles. En effet, face à une situation de défi, plusieurs élèves seraient davantage motivés à lire et ce, de façon à se souvenir de ce qu’ils ont lu.
« Selon eux, un accompagnement pédagogique inventif, centré autant sur l’affect que sur l’intellect de l’élève, pourrait faciliter l’approche d’œuvres de plus en plus difficiles. »
(« Les Profils de Lecteurs chez les Jeunes du Secondaire », composition d’auteur, Gouvernement du Québec, 2005). Nous pourrions donc organiser des projets du même ordre que le fameux Défi Lecture : jeu qui vise à encourager des élèves de l’école élémentaire et du collège à lire des oeuvres complètes et à produire des écrits fonctionnels, dans le cadre d’une action-jeu collective. N’oublions surtout pas le but de ce projet de loi : donner envie aux jeunes de lire, d’écrire et les aider à développer de meilleures compétences en français. Et oui, plusieurs personnes oublient que la lecture et les résultats dans cette matière ont un lien. Si je m’appuie sur la recherche effectuée par le Gouvernement du Québec, plus un élève considère qu’une matière ou une activité scolaire est intéressante, plus il s’y engage et plus il persévère, malgré les difficultés rencontrées. Il faut donc faire tout notre possible pour rendre la lecture une activité distrayante et reposante. En plus de ces concours, des projets à l’intérieur même des établissements scolaires seront mis sur pied. Par exemple, des exposés oraux dont le but sera de présenter un livre et un auteur qui nous ont plus. Cette activité demandera aux élèves de lire un roman et de le faire connaître au reste de la classe. Dans tous les cas, monsieur le premier ministre, ce projet de loi ne pourra être une mauvaise idée puisqu’il permettra aux élèves de lire dans un environnement où l’aspect pédagogique n’est qu’au second plan.
Finalement, les livres à lire obligatoirement en vue d’un examen devront être bannis des écoles. Pourquoi me direz-vous ? Et bien tout simplement parce que ces livres ne conviennent pas aux goûts de chacun. Nous ne pouvons pas obliger un adolescent à lire un roman qui ne l’intéresse pas sous prétexte que l’enseignant l’aime. Il s’agit sans doute de l’idée qui à accentuer ces dernières années le dégoût profond chez certaine personne pour la lecture. Je base mes propos non seulement sur ce que j’ai eu l’occasion de voir tout au long de ma jeunesse, mais également sur les recherches accomplies par le Gouvernement du Québec : « Mentionnons que les lecteurs dits «récalcitrants » ressentent peu de stimulation dans la lecture imposée et se sentent davantage à l’aise avec la lecture de textes courts qui correspondent à leurs champs d’intérêt [...] Devant une lecture non adaptée à leurs compétences, ces lecteurs développent des stratégies d’évitement. » (« Les Profils de Lecteurs chez les Jeunes du Secondaire », composition d’auteur, Gouvernement du Québec, 2005). Comprenons bien que par stratégie d’évitement, nous parlons essentiellement de ne pas lire le livre et de se baser plutôt sur des résumés. Je ne pense pas que la lecture obligatoire avait pour but de peaufiner les techniques de recherche sur Internet, alors tachons de trouver un moyen plus sûr de faire lire aux étudiants des oeuvres qu’ils ont choisies eux-mêmes. Avec mon projet de loi, les jeunes auront deux heures minimums par semaine consacrées à la lecture dans l’enceinte de leur école. L’une des heures se déroulera à la bibliothèque où les élèves pourront se procurer des livres ou alors travailler sur un projet en lien avec la lecture dans le cadre de leur cours de français. La seconde heure se passera dans la salle de classe où les étudiants liront un livre de leur choix (notons que les BD, magasines et journaux de toutes sortes ne sont pas considérés comme étant des livres). Les jeunes devront également montrer l’œuvre choisie à leur enseignant que celui-ci notera. Si l’adolescent décide de changer de roman au cours du mois, il devra le souligner au responsable de son cours. Après environ 45 jours, l’élève devra rendre un texte déterminé par le professeur de français sur le livre en question. La seule évaluation portera donc sur le texte et non pas sur la compréhension du bouquin. J’espère que vous saisissez, monsieur le premier ministre, l’importance d’offrir aux adolescents la possibilité de commencer à lire à l’école. C’est une passion qu’il faut forcer à ces débuts et qui finit par devenir une habitude. Je comprends que l’école est présente pour enseigner des notions aux élèves, mais comprenez aussi que la plus grande source de culture est celle contenue dans les romans et que sans l’implication des professeurs et du gouvernement dans le développement des enfants, ceux-ci n’apprendront pas correctement à lire et passeront à côté d’une des expériences les plus fabuleuses au monde : celle d’entrer dans un univers qui n’existe que dans nos rêves.
Pour conclure, si je présente à la prochaine Assemblée nationale mon projet de loi sur l’Incitation à la Lecture, c’est non seulement parce que la question du français me tient à cœur, mais également parce qu’il s’agit d’un tournant dans la société québécoise. Auriez-vous cru un jour, monsieur le premier ministre, que nos enfants seraient élevés non pas par le monde des livres, mais bien par celui de la télévision ? Bientôt Internet et les DVD remplaceront des siècles et des siècles d’écritures laissés par nos ancêtres. La cause ne sera pas la stupidité de notre descendance, mais bien l’incapacité de notre propre génération à inculquer à nos enfants l’importance de la lecture. Je ne me bats pas seulement pour rendre sa valeur aux feuilles de parchemin trop longtemps mises de côtés, mais bien pour faire comprendre aux prochaines générations qu’il n’existe pas de parfum plus doux que celui d’un lire ouvert, qu’il n’existe pas de joie plus profonde que lorsque l’on tombe sur un bon livre et qu’il n’existe pas de nostalgie plus grande que lorsque l’on termine une fois pour toutes un roman qui, on le sait, restera à jamais dans nos mémoires. La lecture est un luxe maintenant à notre portée, il en va donc du devoir des institutions d’enseignements de partager cette richesse. Malgré tout, je n’en voudrai pas aux gens qui n’aiment pas lire, tant que ceux-ci auront au moins goûté à ce plaisir une fois dans leur vie.
Merci encore pour le poste de Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport.
J’essaierai d’être à la hauteur de vos attentes et de suivre la ligne de votre parti au mieux.
Au plaisir de vous revoir lors de l’Assemblée nationale
Cordialement vôtre,
Mylène St-Gelais