Voici une magnifique traduction des «Rosalie’s News». C’est un court extrait du roman New Moon écrit par Stephenie Meyer du point de vue d’Edward. La version originale est d’ailleurs disponible ici
Il s’agit du moment où Rosalie prévient Edward de la mort de Bella.
La base de la traduction a été réalisé par Marianne, mais j’ai néanmoins procédé à quelques modifications en suivant la version originale et les ordres de la traductrice. Si Marianne décide de remettre sa version sur son blog, je vous donnerai le lien.
PS: Il s’agit des deux chansons de la bande annonce officielle de Twilight.
_________________________________________________________
Les nouvelles de Rosalie
Le téléphone dans ma poche vibra. C’était la vingt-cinquième fois en vingt-quatre heures. Je pensai ouvrir le téléphone, au moins pour voir qui tentait de me contacter. C’était peut-être important. Carlisle avait peut-être besoin de moi.
J’y pensai, mais ne bougeai pas.
Je n’étais pas vraiment certain de l’endroit où je me trouvais. Un espace sous la voûte d’un grenier, plein de rats et d’araignées. Les araignées m’ignoraient, et les rats m’avaient donné une large couchette. L’air était imprégnée de lourdes odeurs d’huile à frire, de viandes avariées, de sueur humaine, et une couche presque solide de pollution était visible dans l’air humide, comme un film noir recouvrant tout. En dessous de moi, quatre histoires venant d’un appartement de ghetto délabré qui implorent la vie. Je n’ai pas pris la peine de séparer les pensées des voix – ils clamaient haut et fort en espagnol et je ne les écoutais pas. Je laissais seulement les sons rebondir sur moi. Sans importance. Tout cela était sans importance. Mon existence n’était pas importante.
Le monde entier était sans importance.
Mon front contre mes genoux, je me demandais combien de temps encore je serais capable continuer ainsi. Peut-être, si mes tentatives pour l’oublier étaient de toute facon vouées à l’échec, je devrais cesser de me torturer et juste y retourner…
L’idée était tellement puissante, curative – comme si les mots contenaient un fort anesthésiant, rejetant au loin la montagne de douleur que je tentais de cacher – que cela me fit gémir, et m’étourdie.
Je pouvais partir maintenant, je pouvais y retourner.
Le visage de Bella, toujours derrière mes paupières, me sourit.
C’était un sourire de bienvenue, de pardon, mais il n’affecta pas mon subconscient qui s’y était probablement préparé.
Bien entendu, je ne pourrais pas retourner en arrière. Quelle était ma douleur, après tout, en comparaison à son bonheur ? Elle devait être capable de sourire, libre de toute peur ou danger. Libérée du désir d’un futur sans âme. Elle méritait mieux que cela. Elle méritait mieux que moi. Quand elle quitterait ce monde, elle irait dans un endroit qui me serait interdit à jamais, peut importe la façon dont je me conduirais ici.
L’idée de cette séparation finale était bien plus intense que la douleur que j’avais jusqu’à présent ressenti. Mon corps la ressentait déjà. Quand Bella partirait pour cet endroit auquel je n’appartiendrais jamais, je n’aurais plus rien à faire ici. « Ici » doit être oublié. « Ici » sera mieux sans moi.
C’était mon espoir, mais il n’y avait aucune garantie. Dormir, une chance de rêver.
Ay, il y a un hic, notai-je pour moi-même. Même en étant cendres, sentirais-je encore la torture de sa perte ?
Je frémis de nouveau.
Et, maudissant tout, j’avais promis. Je lui avais promis que je ne la hanterais plus, que je n’apporterais plus mes démons noirs dans sa vie. Je ne reviendrais pas sur ma parole. Ne pouvais-je pas faire quelque chose de bon pour elle ? Rien du tout ?
L’idée de retourner dans la petite ville nuageuse qui serait à jamais ma vraie demeure sur cette terre serpenta dans mon l’esprit une nouvelle fois.
Juste pour vérifier. Juste pour voir qu’elle était saine et sauve et heureuse. Pas pour intervenir. Elle ne saurait jamais que j’étais là…
Non. Oublie ça, c’est non.
Le téléphone vibra encore.
« C’est pas vrai! » grognai-je.
Je pouvais user de la distraction, supposai-je. J’ouvris le téléphone d’un coup, déchiffrai le numéro et eus mon premier choc en six mois.
Pourquoi Rosalie m’appelait-elle ? Elle était probablement la personne qui profitait le plus de mon absence.
Il devait y avoir un énorme problème si elle avait besoin de me parler. Soudainement inquiet pour ma famille, j’appuyai sur le bouton.
« Quoi ? » demandai-je anxieusement.
« Oh, wow. Edward a répondu au téléphone. Je me sens tellement honorée. »
Dès que j’entendis son ton, je su que ma famille était en pleine forme. Elle était seulement ennuyée. C’était difficile de deviner ses motivations sans ses pensées pour me guider. Rosalie n’avait jamais vraiment eu du sens à mon avis. Ses impulsions étaient habituellement fondées sur la plus improbable logique.
Je fermai le téléphone d’un coup sec.
« Laissez-moi seul », murmurai-je dans le vide.
Bien entendu, le téléphone vibra encore une fois.
Continuerait-elle d’appeler jusqu’à ce qu’elle oublie le message qu’elle voulait me transmettre ? Probablement. Cela lui prendrait des mois pour se fatiguer de ce jeu. Je souriais à l’idée de la laisser peser sur son bouton de composition automatique pour les prochains six mois… et là je soupirai et répondis au téléphone pour la seconde fois.
« Dépêche-toi. »
Rosalie parla rapidement.
« Je pensais que tu aimerais savoir qu’Alice est à Forks ».
J’ouvris les yeux et fixai les poutres de bois pourries à trois pouces de mon visage.
« Quoi? » Ma voix était plate, sans émotions.
« Tu sais comment est Alice. Elle croit qu’elle sait tout. Comme toi. »
Rosalie eu un rire sans humour. Sa voix contenait une pointe de nervosité, comme si elle n’était plus aussi sûre de se qu’elle faisait.
Mais ma rage rendait incapable de porter attention au problème de Rosalie.
Alice m’avait assuré qu’elle respecterait ma décision pour le bien de Bella, même si elle n’était pas d’accord avec ma décision. Elle avait promis qu’elle laisserait Bella seule… aussi longtemps que je le ferais. Apparemment, elle avait pensé que je finirais par abandonner à cause de la douleur. Peut-être avait-elle raison sur ce point.
Mais je ne l’avais pas fait. Pas encore. Alors que faisait-elle à Forks ? Je voulus lui tordre son maigre cou. Jasper ne me laisserait cependant pas approcher aussi près d’elle, une fois qu’il aurait capté la furie qui me submergeait …
« Es-tu encore là, Edward? »
Je ne répondis pas. Je me pinçai l’arête du nez avec le bout de mes doigts, me demandant s’il était possible pour un vampire d’avoir une migraine.
D’un autre côté, si Alice était déjà de retour …
Non. Non. Non. Non.
J’avais fait une promesse. Bella méritait une vie. J’avais fait une promesse. Bella méritait une vie.
Je répétai ces mots plusieurs fois, tentant d’effacer de ma tête l’image séductrice de la fenêtre sombre de Bella. La porte menant vers mon unique sanctuaire.
Aucun doute, je serai obligé de ramper à ses pieds si j’y retournais. Cela ne m’importait peu. Je pourrais aisément passer la prochaine décennie à genoux si j’étais avec elle.
Non, non, non.
« Edward? Tu ne te demandes vraiment pas pourquoi Alice est là-bas ? »
« Pas particulièrement. »
La voix de Rosalie prit un ton doux, plaisant, il n’y avait pas de doute qu’elle tentait d’obtenir une réponse de ma part.
« Bien, c’est certain, elle n’est pas exactement en train de briser les règles. Je veux dire, tu nous as seulement avertis de rester loin de Bella, n’est-ce pas ? Les autres habitants de Forks ne compte pas. »
Je clignai lentement des yeux. Bella était partie? Mes pensées s’organisèrent autour de cette idée inattendue. Elle n’avait pas encore obtenue son diplôme, elle avait donc dû retourner chez sa mère. C’était une bonne chose. Elle vivrait au soleil. C’était bien qu’elle ait réussi à mettre les ombres derrière elle.
Je tentai de déglutir, mais je ne réussis pas.
Rosalie laissa échapper un rire nerveux.
« Donc, tu n’as pas besoin d’être fâché contre Alice. »
« Alors, pourquoi m’as-tu appelé, Rosalie, si ce n’est pas pour causer des problèmes à Alice ? Pourquoi viens-tu m’embêter ? »
« Attends! » dit-elle, sentant, et avec raison, que j’allais raccrocher encore une fois. « Ce n’est pas pour ça que j’ai appelé. »
« Alors, pourquoi? Dis-le moi rapidement et laisse moi seul. »
« Bien… » hésita-t-elle
« Crache le morceau Rosalie. Tu as dix secondes »
« Je pense que tu devrais revenir à la maison, » dit Rosalie précipitamment. « Je suis fatiguée qu’Esmée soit en deuil et que Carlisle ne rit plus. Tu devrais avoir honte de ce que tu leur as fait. Emmett s’ennuie tout le temps de toi et cela me tombe sur les nerfs. Tu as une famille. Grandis et pense à autre chose qu’à toi-même. »
« C’est un conseil intéressant, Rosalie. Laisse moi te raconter une histoire à propos d’un hôpital qui se moque de la charité … [ V.O : …about a pot and a kettle . Idiom anglais (Pot calling the kettle black) visant à traiter quelqu’un d’hypocrisie.)]”
« Je pense à eux, contrairement à toi. Te préoccupes-tu du mal que tu fais à Esmée, au moins? Elle t’aime bien plus qu’elle peut aimer le reste de la famille, et tu le sais. Reviens à la maison. »
Je ne répondis pas.
« Je pensais qu’une fois toute cette histoire avec Forks terminée, tu passerais à autre chose. »
« Forks n’a jamais été le problème, Rosalie, » dis-je, en essayant d’être patient. Ce qu’elle avait dit à propos d’Esmée et de Carlisle avait touché une corde sensible. « Ce n’est pas parce que Bella … » – il était difficile de dire son nom à voix haute – « a déménagé en Floride, que cela me rend capable de … Écoute, Rosalie. Je suis vraiment désolé, mais, crois-moi, je ne rendrais personne plus heureux si j’étais là. »
« Um… »
Et encore une fois, il y eu une hésitation.
« Qu’est-ce que tu ne m’as pas dit Rosalie ? Est-ce que Esmée va bien ? Est-ce que Carlisle … »
« Ils sont en pleine forme tous les deux. C’est juste que … bon, je n’aie jamais dit que Bella avait déménagé. »
Je ne parlai pas. Je me repassai notre conversation dans ma tête. Oui, Rosalie avait dit que Bella était partie. Elle avait dit : … tu nous as seulement avertis de rester loin de Bella, n’est-ce pas ? Les autres habitants de Forks ne compte pas. Et là : Je pensais qu’une fois toute cette histoire avec Forks terminée… Donc, Bella n’était plus à Forks. Que voulait-elle dire, Bella n’avait pas déménagé ?
Alors Rosalie accéléra encore son débit, avec une once de colère cette fois.
« Ils ne voulaient pas te le dire, mais je pense que c’est stupide. Plus vite tu passeras par-dessus cela, plus tôt les choses reviendront à la normale. Pourquoi te laisser broyer du noir autour des pires quartiers du monde quand il n’y a aucune raison pour le faire? Tu peux revenir à la maison maintenant. Nous pouvons de nouveau être une famille. C’est terminé. »
Mon cerveau semblait ne plus fonctionner. Je ne pouvais mettre un sens sur ses paroles. C’était comme si elle tentait de me dire quelque chose de vraiment, vraiment évident, mais je n’avais aucune idée de ce que c’était. Mon cerveau joua avec l’information, faisant d’étranges scénarios. Sans aucun sens.
« Edward? »
« Je ne comprends pas ce que tu dis, Rosalie. »
Une longue pause, la longueur de quelques battements de coeur humain.
« Elle est morte, Edward. »
Une plus longue pause.
« Je suis…désolée. Tu as le droit de savoir, cependant, je pense. Bella… s’est jetée du haut d’une falaise il y a deux jours. Alice l’a vue, mais il était trop tard pour faire quoi que ce soit. Je pense qu’elle y serait retournée pour l’aider, en brisant sa promesse, si elle en avait eu le temps. Elle est partie là-bas pour faire ce qu’elle pouvait pour Charlie. Tu sais comment elle prenait soin de lui … »
Le téléphone coupa. Cela me pris plusieurs secondes pour réaliser que je l’avais éteint.
Je m’assis dans l’oscurité poussiéreuse, pendant un long moment. C’était comme si le temps s’était arrêté. Comme si l’univers s’était arrêté.
Lentement, bougeant comme un vieil homme, je repris mon téléphone et composai le numéro que je m’étais promis de ne plus jamais rappeler.
Si c’était elle, je raccrocherais. Si c’était Charlie, j’obtiendrais l’information que j’avais besoin en usant d’un subterfuge. Je me prouverais que la mauvaise plaisanterie de Rosalie était un mensonge, et là je retournerais dans mon néant.
« Résidence Swan, » répondit une voix que je n’avais jamais entendue. Une voix rauque, profonde, mais très jeune.
Je ne me suis pas arrêté pour penser à ce que cette voix impliquait.
« Ici le Dr. Carlisle Cullen, » dis-je, imitant parfaitement la voix de mon père. « Pourrais-je s’il vous plait parler à Charlie? »
« Il n’est pas ici », me répondit la voix, et je fus un peu étonné par la colère qui en émanait. Les mots étaient presque menaçants. Mais cela n’avait pas d’importance.
« Bon, où est-il alors? » demandai-je, devenant impatient.
Il y eu une courte pause, comme si l’étranger voulait me cacher une information.
« Il est au funérailles », répondit finalement le garçon.
Je fermai mon téléphone une nouvelle fois.